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SIEMENS-ALSTOM

Publié dans Sections syndicales 93

fo-cadrespic 200 blog section FUSION-ABSORPTION

QUEL IMPACT SUR LES SITES ALSTOM ?


Saint-Ouen, le 06/10/2017

 

Que contient le protocole d'accord signé par Siemens et Alstom avec l’accord de l’État1 ?


Ce protocole prévoit la création fin 2018 d'une filiale du groupe Siemens qui résultera de la fusion des activités de construction ferroviaire des deux sociétés. Siemens obtiendra ainsi le contrôle des activités d'Alstom sans avoir à débourser un euro. Cette filiale récupérera au niveau mondial les 30 000 salariés d'Alstom et 30 000 salariés de Siemens. L'addition des deux chiffres d'affaire s'élèvera à 15 milliards €.

À l'occasion de cette fusion, les actionnaires d'Alstom recevront 8 € de dividendes spéciaux2 par action, soit plus de 20% de la valeur de l'action. Le total des dividendes spéciaux ainsi versés s'élèvera à 1,8 milliard €. Cette somme proviendra de la vente des parts détenues par Alstom dans les co-entreprises formées avec General Electric (GE) au moment de la vente du secteur énergie d'Alstom à GE3. Ces parts ont une valeur de 2,5 milliards €.

Bouygues cessera de prêter ses actions à l'État le 17 octobre au plus tard.

La nouvelle entité résultant de la fusion s'appellera Siemens-Alstom, son siège sera en France et elle sera dirigée par un conseil d'administration de 11 membres, dont 6 désignés par Siemens. Ce CA sera présidé par Siemens. La partie signalisation ferroviaire aura son siège à Berlin.

La synergie4 annoncée est de 470 millions €.

 

Nos commentaires

Siemens récupère avec cet accord le carnet de commandes d’Alstom qui s’élève à 35 milliards €, en faisant payer la transaction à Alstom lui-même !

Il ne s’agit pas de la mise en place d’un “Airbus du ferroviaire”, puisque ce n’est pas une alliance à égalité et puisque l’État se retire d’Alstom au profit exclusif des actionnaires. L’État renie ainsi les engagements qu’il avait pris au moment de la vente du secteur énergie à GE, à savoir devenir actionnaire de référence pour consolider Alstom.

Alstom est en concurrence frontale avec Siemens ; l’absorption d’Alstom par Siemens, c’est la mort d’Alstom !

L’emploi sur les sites de production Alstom en France est menacé, étant donné que Siemens privilégiera les sites allemands.

Dans le domaine de la signalisation ferroviaire, cet accord constitue une menace très grave sur l'emploi. Siemens est n°1 au niveau mondial sur ce marché et dispose déjà de sa gamme de produits. Sur l’établissement de signalisation ferroviaire Siemens à Chatillon, les activités sont réduites à la gestion du “legacy” ; ce sont les produits développés à Munich qui sont proposés dans les offres à l’international. Ne va-t-on pas subir le même sort sur TIS SaintOuen avec le passage à Siemens ?

Le lendemain de l'annonce de cet accord, H. Poupart-Lafarge, P-DG d'Alstom, a expliqué aux salariés que la réduction des coûts se ferait sur trois axes : les achats, les frais de structure, et la recherche et développement (R&D). C’est contradictoire avec le communiqué lénifiant du gouvernement qui dit que “les investissements et l'emploi dans les départements de R&D resteront au moins à leur niveau actuel en France et en Allemagne.”

Le ministre de l’économie, B. Le Maire, a annoncé la constitution d’un comité national de suivi des engagements de Siemens en ce qui concerne le maintien des sites et des emplois en France.

Quel crédit accorder à la parole de l'État, alors qu’il s’était déjà porté garant lors de la vente du secteur énergie d'Alstom à GE de la création nette de 1000 emplois en France par ce dernier ? On sait ce qu'il est advenu de cette promesse sur les sites Alstom repris par GE ! Le site de fabrication de turbines hydroélectriques à Grenoble est en train d'être liquidé (345 suppressions d'emplois annoncées sur 800), après environ 800 suppressions d'emplois sur les sites en région parisienne !

Le gouvernement justifie la fusion-absorption par la nécessité de contrer la concurrence chinoise, notamment celle du constructeur ferroviaire CRRC. Or, la seule commande que CRRC a obtenue en Europe est une commande de trois rames de train auprès d’un opérateur privé en Tchéquie pour 20 millions € ! Et CRRC est absent du marché de la signalisation ferroviaire à l’international !

Du reste, si la concurrence de CRRC était si dangereuse comment expliquer que l’État, principal actionnaire de Thalès, à hauteur de 26%, ait laissé ce dernier nouer une alliance stratégique industrielle et commerciale avec CRRC5 , Thalès ayant une expertise en signalisation ferroviaire et CRRC fabriquant du matériel roulant ?

 

Nos revendications


Pour la coordination des syndicats et sections FO Alstom “il s'agit d'exiger du gouvernement qu’il prenne les mesures qui s’imposent pour préserver tous les sites Alstom en France, toutes les activités et tous les emplois, ce qui passe notamment pour le cas du groupe Alstom par une prise de contrôle par l’État au travers d’une participation majoritaire dans son capitalà commencer par l’exercice immédiat de son option d’achat sur les actions de Bouygues. 

 

1/  totop scroller b Voir communiqués sur l’Intranet Alstom. Le protocole d’accord n’a pas été rendu public.

2/  totop scroller bCes 8 euros sont constitués de 4 € de prime de contrôle en compensation
de la prise de contrôle par Siemens des activités Alstom et de 4 € de dividende exceptionnel.

3/  totop scroller bCe qui met fin à l’habillage médiatique de la prétendue alliance à égalité entre Alstom et GE !

4/  totop scroller b Synergie : terme pudique signifiant "réduction des coûts".
Rien ne nous dit que ce montant de 470 millions € ne sera pas dépassé …

5/  totop scroller b Mémorandum of understanding signé par Thalès et CRRC en septembre 2016.

 

 


Bulletin de la section FO
Alstom Transport Information Solutions Saint-Ouen 

www.fo-sif.org 

 

 

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