Lettre ouverte à l’attention des élus de la République,

22 Juil 2020 | Actu du 93

Mesdames, Messieurs,

Vous n’êtes pas sans savoir que la crise sanitaire a heurté de plein fouet le secteur du transport aérien. Le groupe Air France, présent sur vos territoires, déjà fragilisé par le dumping social et fiscal, se retrouve dans une situation critique.

Le gouvernement est venu au secours du groupe avec une garantie de prêt (90% sur 4 milliards) et un prêt direct (prêt d’actionnaire à hauteur de 3 milliards). Néanmoins, cette aide ne s’est pas assortie de garantie de protection de l’emploi. Au contraire, l’état a conditionné son soutien à des normes environnementales drastiques (-40% d’émission de CO2 d’ici à 2024 !) qui ont de lourdes conséquences sur nos activités et donc sur nos emplois. En effet, il est prévu de supprimer environ 7500 emplois sur tout le territoire. Sur vos territoires !

Aujourd’hui, « la transition écologique » occupe le débat public et devient un enjeu politique. Cependant, aucun dispositif « de transition et de mutation des emplois » n’est associé à cette volonté de changement de modèle. Le groupe Air France en est le parfait exemple. Après les dégâts de la désindustrialisation dans nos territoires, la puissance publique néglige les emplois qui appartiennent à des activités en cours de « verdissement ». Mobilités contraintes qui se traduiront irrémédiablement en départs contraints sont les seuls outils en vue dans notre groupe. Au regard de l’impact d’un emploi Air France sur les emplois indirects, le tissu économico-social dont vous avez la responsabilité sera durement affecté.

Tout le monde a bien compris que le modèle low-cost est un modèle qui se nourrit doublement de la paupérisation des classes moyennes. Dans un premier temps, c’est dans ces classes sociales qu’il trouve une main d’œuvre très bon marché et que dans un deuxième temps, il y trouve ses clients. Une savante ingénierie de captation des flux de passagers en France s’est mise en marche où l’optimisation fiscale et le dumping social sont la norme. Certains ont même reçu des subventions de nos régions !

Au final, les profits sont redistribués à des actionnaires à Londres, Dublin ou autres.
Nos recettes fiscales, la qualité et le nombre de nos emplois sont en berne. Le gain à court terme pour nos régions (une connectivité accrue), se révèle être un cauchemar à moyen et long terme. De nombreuses études et rapports parlementaires sur ces sujets existent mais rien de sérieux n’a jamais été entrepris pour protéger le pavillon national et ses emplois.

Tous les syndicats de l’entreprise (excepté le SNPL) ont entrepris de solliciter une entrevue auprès du Ministre de l’économie et du Secrétaire d’état aux transports.
Aucune réponse à ce jour ne nous est parvenue. Pourtant, nous avons des solutions concrètes à proposer. Elles ont pour but la création d’un système protecteur pour le transport aérien français. La souveraineté économique doit se construire au plus vite dans notre secteur. Les différents élus doivent se saisir du sujet emblématique qu’est le transport aérien. En effet, transition écologique et concurrence sauvage sont les défis que beaucoup de secteurs d’activité auront à relever d’ici peu. Le transport aérien les concentre en plus d’être précocement et gravement touché.

Nous continuerons sans relâche à faire la promotion de solutions pour protéger notre activité et de nos emplois. Sachez qu’elles sont synonymes de protection pour l’activité et l’emploi dans nos territoires.

Le gouvernement, dans ses déclarations, a fait de l’emploi l’une de ses premières priorités. Or nous faisons le constat amer que dans le groupe Air France KLM où il est actionnaire et pour lequel il a engagé des aides significatives, les contreparties sociales sont inexistantes. L’emploi reste le grand oublié. Au travers de notre groupe, c’est un débat plus large dont il faut impérativement se saisir. La sollicitation des contribuables doit être aussi au service du tissu économique et social du pays. Il appartient aux élus des assemblées nationales et territoriales de s’emparer de cette question.
Dans ce contexte de crise économique aiguë, nous pensons que nos élus doivent être en appui des forces sociales qui tentent de jouer leur rôle protecteur. Si nous échouons à construire ce chemin, la crise fabriquera une colère dont personne ne peut mesurer les conséquences, mais dont nous serions collectivement responsables.
Nous restons à votre disposition si vous souhaitez un éclairage particulier.

Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs nos sincères salutations.

Le 22 juillet 2020

Contact : Christophe Malloggi 06 85 06 22 11
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