CSE : à l’heure du bilan, les craintes de FO se confirment

CSE : à l’heure du bilan, les craintes de FO se confirment

Publié jeudi 20 mai 2021 par Clarisse Josselin, dans L’Info Militante

Cela fait désormais plus d’un an que la mise en place du comité social et économique (CSE) est obligatoire dans les entreprises de plus de 11 salariés. Manque de moyens, perte de proximité avec le terrain, relégation au deuxième plan des questions de santé et de sécurité… À l’heure du premier bilan, les craintes qu’avait exprimées FO dès les prémices d’un regroupement des IRP au sein d’une instance unique sont confirmées. Les difficultés des élus ont été encore aggravées par la crise sanitaire liée à la Covid-19. Le dialogue social est notamment impacté par la quasi-généralisation du recours aux outils numériques en matière de communication. Ce dernier thème était au cœur de la traditionnelle journée des IRP (CSE, ex-CE), organisée le 11 mai par la confédération.

JL Boiré

Le comité social et économique (CSE), instance unique de dialogue social créée par les ordonnances Macron de septembre 2017, a été instauré au 1er janvier 2018, avec une période transitoire de deux ans. Il devait donc être mis en place au plus tard au 1er janvier 2020 dans les entreprises de 11 salariés et plus.

Le CSE se substitue aux trois anciennes instances représentatives du personnel (IRP) : délégués du personnel (DP), comité d’entreprise (CE) et comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Ce regroupement des instances ne s’est pas fait subitement. Son origine remonte à la délégation unique de personnel (DUP), mise en place par une loi de 1993. Mais cette dernière ne permettait à l’époque que de rapprocher DP et CE, et seulement dans les entreprises de moins de 200 salariés. La loi Rebsamen de 2015 y a ajouté le CHSCT.

Dès le départ, la confédération FO s’est opposée au rapprochement des IRP, qui a trouvé son paroxysme dans le CSE. Le dernier congrès confédéral, en avril 2018, avait condamné dans cette instance unique une baisse de moyens et d’attributions sans précédent. Il avait dénoncé “les atteintes portées à la représentation des salariés, conduisant à une diminution du nombre de représentants, une diminution des heures de délégation, une limitation du nombre de mandats successifs et l’exclusion des suppléants dans les réunions d’instance”. En effet, le nombre d’élus du CSE et d’heures de délégation a été fixé par décret selon l’effectif de l’entreprise. La confédération avait évalué à l’époque les pertes entre 150 000 et 200 000 mandats d’élus. Par ailleurs, le nombre de mandats successifs est limité à trois pour les élus du CSE, sauf dans les entreprises de moins de 50 salariés.

Les élus se retrouvent éloignés du terrain

FO avait aussi dénoncé l’obligation pour les représentants élus d’acquérir “une multitude de compétences techniques dans des domaines divers avec le risque que certains sujets soient relégués au second rang, notamment ceux ayant trait à la santé et à la sécurité au travailª. La confédération a aussi pointé la perte d’attributions, notamment en matière d’hygiène ou de prévention des risques professionnels. En effet, les commissions de santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) ne sont obligatoires qu’à partir de 300 salariés (contre 50 salariés pour les CHSCT). “Et ils n’ont pas la personnalité morale, donc pas de budget ni la possibilité de recourir à un expert”, rappelle Karen Gournay, secrétaire confédérale FO chargée de la négociation collective.

Plus d’un an après la création obligatoire des CSE, et trois ans après la mise en place des premières instances, un premier bilan peut être dressé. Le 25 mars dernier, à l’issue d’une réunion plénière du comité d’évaluation des ordonnances, la confédération FO s’est inquiétée de la présentation par la Dares d’“éléments plus qu’alarmants sur l’implantation syndicale et la représentation du personnel”. L’organisme rattaché au ministère du Travail a notamment fait état d’une baisse du taux de couverture des entreprises par des IRP, ou un DS, alors que ce taux était stable par le passé.

Les CHSCT n’ont été en rien remplacés

Les remontées des structures FO et des représentants de terrain confirment les craintes exprimées par la confédération. Les élus ont constaté une dégradation générale du dialogue social. Ils déplorent notamment des ordres du jour à rallonge qui entraînent une discussion souvent trop rapide sur certains sujets. “Les réclamations présentées auparavant par les DP ont du mal à trouver leur place dans les réunions, notamment parce que la loi a omis d’en déterminer les modalités dans les entreprises d’au moins 50 salariés”, dénonce Karen Gournay. À l’opposé, dans d’autres entreprises, les réclamations individuelles et collectives occupent la majeure partie des réunions, reléguant les autres sujets au second plan.

FO constate également des difficultés pour certains élus à exercer efficacement leur mandat, en raison de l’élargissement de leurs attributions sans compensation en termes de moyens. L’inquiétude de la confédération est renforcée par le fait que le CSE pourrait avoir de nouvelles responsabilités sur les questions environnementales, sans en avoir réellement les moyens.

En outre, bon nombre d’entreprises, auparavant découpées en établissements distincts, ont fait le choix de centraliser leur CSE, et les élus se retrouvent éloignés du terrain. “Les représentants de proximité sont très marginaux, et quand ils existent ils n’ont pas de moyens”, déplore Karen Gournay.

En matière de santé et de sécurité au travail, la pratique montre clairement que les anciens CHSCT n’ont pas été remplacés par les commissions SSCT, ni en quantité, ni en qualité. S’il existe toujours une formation spécifique de 3 ou 5 jours pour les membres du CSSCT, FO déplore également qu’il n’y ait pas de nombre de jours minimum pour la formation des autres élus.

Clarisse Josselin
Journaliste à L’inFO militante

Le scandale doit cesser !

Le scandale doit cesser !

Les organisations syndicales de la Seine-Saint-Denis soutiennent la mobilisation des agent·e·s de l’inspection du travail pour obtenir des recrutements.

Depuis plus de cinq ans, des communes de la Seine-Saint-Denis sont privées d’agent-e de contrôle de l’inspection du travail faute de recrutements suffisants au Ministère du travail. Pendant des années, les agent.es de contrôle du département ont accepté d’occuper “par intérim” ces postes vacants, en plus de leur section d’inspection, accroissant leur charge de travail tout en n’offrant pas de service public digne de ce nom aux salarié.es de ces secteurs. Cette pratique est illégale, l’intérim de postes de service public devant être temporaire (pour une maladie, un congé de formation ou de maternité) et non structurel (c’est-à-dire lié à l’insuffisance des recrutements).

Constatant le caractère chronique de ce sous-effectif, après avoir manifesté et fait grève, les agent·e·s de l’inspection du travail de Seine-Saint-Denis ont pris collectivement la décision en novembre 2019 de refuser d’effectuer ces « intérims structurels », avec le soutien des organisations syndicales de leur administration. Cette mobilisation vise à mettre en évidence l’abandon par les autorités du service public de l’inspection du travail et à contraindre le ministère du travail à recruter à hauteur des besoins, au lieu de pallier sans cesse le manque de postes au détriment de la santé des agent.es et du service rendu aux usager.es.

Depuis un an et demi les travailleurs·euses des sections d’inspection laissées vacantes par les pouvoirs publics ne reçoivent donc plus aucune réponse à leurs sollicitations. Leurs entreprises ne sont plus contrôlées. Leurs signalements ne sont plus entendus. A Saint-Denis, Montreuil, Les Lilas, Bobigny, Drancy, Le Blanc-Mesnil et dans une partie de l’aéroport de Roissy l’inspection du travail n’a plus les moyens de répondre.

La mobilisation des agent·e·s de l’inspection du travail, et la détresse des travailleurs·euses de Seine-Saint-Denis reste à ce jour sans réponse de la part du Ministère du travail. Aucun engagement n’a été pris en vue du recrutement d’agent·e·s de contrôle et de secrétariat sur les postes vacants du service public de l’inspection du travail.

De rapports parlementaires en rapports d’inspections la précarité de la Seine-Saint-Denis est pointée du doigt sans que les pouvoirs publics ne prennent leurs responsabilités en recrutant les fonctionnaires chargé·e·s de faire appliquer le droit du travail. Cette situation insupportable pour les travailleurs·euses doit donner lieu à un plan d’urgence du Ministère du travail.

Au vu de la crise économique qui a d’ores et déjà débuté, avec des faillites et de nombreux licenciements à la clé, des recrutements à la hauteur au sein du service Emploi, Entreprises et Solidarité afin de favoriser le maintien dans l’emploi des travailleurs·euses de notre département doivent aussi avoir lieu.

Nous, organisations syndicales de travailleurs·euses de la Seine-Saint-Denis, nous associons à la révolte des agent·e·s de l’inspection du travail de notre département.

Nous refusons le délabrement des services publics en Seine-Saint-Denis, et a fortiori de ce service public indispensable à la protection des travailleurs·euses.

Nous réclamons du Ministère du travail un plan massif de recrutement d’agent.es en charge des services participant au maintien des emplois et d’agent.es de contrôle et de secrétariat de l’inspection du travail. Un courrier a été envoyé à la ministre du travail le 12 avril 2021.
N’ayant toujours pas de réponse nous organisons un :

Rassemblement jeudi 3 juin 2021 à 11h30

devant la DGT 39 – 43 quai André Citroën Paris 15ème

Bobigny le, 21 mai 2021.

Consulter-télécharger le “TRACT
(PDF)

CSE : à l’heure du bilan, les craintes de FO se confirment

POUR UNE MISE EN ŒUVRE RÉUSSIE DU TÉLÉTRAVAIL

EXTENSION DE L’ANI DU 26 NOVEMBRE 2020

Chères et chers camarades,

Objet

Extension de l’ANI du 26 novembre 2020 « pour une mise en œuvre réussie du télétravail » (ANI 2020).

Pourquoi

Un arrêté ministériel en date du 2 avril 2021 et publié le 13 avril dernier au journal officiel a étendu cet accord national interprofessionnel.

Principaux points

Avec l’extension, et en l’absence d’accord collectif dans l’entreprise, l’ANI 2020 devient une base applicable à tous les salariés du secteur privé. Pour rappel, il conforte l’ANI télétravail de 2005 (ANI 2005) tout en renforçant la période d’adaptation, la réversibilité, le droit syndical ainsi que la prise en charge des frais professionnels.

L’arrêté d’extension ne comporte qu’une seule réserve relative à l’article 3.1.5 portant sur les frais professionnels. Ainsi, cet article est étendu sous réserve du respect du principe général de prise en charge des frais professionnels selon lequel la validation de l’employeur doit être interprétée comme étant préalable, et non postérieure, à l’engagement des dépenses par le salarié.

FO a évité une deuxième réserve visant à exclure les télétravailleurs réguliers 1 non couverts par un accord collectif ou une charte (dits de « gré-à-gré ») du bénéfice de la période d’adaptation. Loin d’être moins favorable, comme le soulignait le ministère du travail, celle-ci leur permet de tester le télétravail tout en ayant l’assurance de retrouver leur poste de travail dans les locaux de l’entreprise (et non plus « un poste ») s’ils décident finalement de ne pas prolonger ce mode d’organisation du travail. C’est une précision de taille que nous avons obtenue lors de la phase de négociation. Ainsi, la période d’adaptation garantit un véritable volontariat aux télétravailleurs réguliers (y compris en « gré-à-gré »).

La réserve n’étant pas retenue dans l’arrêté ministériel, force est de constater que nous avons obtenu gain de cause. Les télétravailleurs réguliers en « gré-à-gré » bénéficieront donc de la période d’adaptation. Nous pouvons nous en féliciter.

Cela étant, il faudra demeurer vigilant. Du fait de l’inversion de la hiérarchie des normes, les accords nationaux interprofessionnels mais aussi les accords de branche portant sur le télétravail ont un caractère « supplétif », permettant d’avoir des accords d’entreprises moins-disant que ces derniers.
Les négociateurs devront donc comparer tout projet d’accord d’entreprise avec les ANI 2005 et 2020 avant de signer pour éviter toute régression. En l’absence d’accord, les ANI 2005 et 2020 seront applicables avec ou sans charte de l’employeur.

Enfin, et pour rappel, nous continuons de revendiquer que des dispositions soient prises par les pouvoirs publics afin de garantir le maintien des titres restaurant en cas de télétravail, dès lors que les salariés sur site en bénéficient. Conformément à la décision du tribunal judiciaire de Paris du 30 mars, nous considérons que c’est l’interprétation à adopter, elle est d’ailleurs en cohérence avec la réponse contenue dans le questions-réponses du ministère « Télétravail en période de COVID ».

Annexe

Consulter-télécharger l’Arrêté du 2 avril 2021
portant extension de l’accord national interprofessionnel
pour une mise en œuvre réussie du télétravail.
(PDF 145 Ko)


Avec toute notre amitié syndicaliste.

Béatrice CLICQ
Secrétaire confédérale

Yves VEYRIER
Secrétaire général

( 1 : Ayant un rythme fixe de télétravail, par exemple ; 1 jour par semaine)

Un 1er mai dans l’unité

Un 1er mai dans l’unité

Pour les droits sociaux et les libertés,
contre l’état d’urgence,
pour la paix et la solidarité internationale.

Le 1er mai 2021, journée de lutte et de solidarité internationale, sera un rendez-vous important pour réaffirmer que les revendications et l’action syndicale ne sont pas confinées face à un gouvernement qui accélère sa politique de casse des droits sociaux.

Les Unions Régionales d’Île-de-France (URIF) CGT, FO, FSU et Solidaires, avec l’UNEF et l’UNL condamnent la prolongation sans fin de l’état d’urgence, qui vise notamment à restreindre les libertés, en particulier celle de manifester, que nous faisons valoir à l’occasion de ce 1er mai.

À ce titre, les URIF exigent l’abrogation de la loi “sécurité globale”, passée en force ces derniers jours, et l’abandon du projet de loi “séparatisme” et des décrets “sécurité intérieure”, qui confirment que ce gouvernement profite de la pandémie pour s’engager dans une fuite en avant liberticide.

De même qu’elles exigent, avec les salarié.es, notamment de la culture, en lutte le retrait de la réforme de l’assurance chômage, projet qui ne vise qu’à amputer encore davantage les droits des demandeurs.euses d’emploi.

Depuis plus d’une année, la politique libérale des gouvernements qui tire profit de la pandémie bouleverse la vie, le travail, les libertés individuelles et collectives des populations sur tous les continents.

Face à la persistance de la circulation des virus, les URIF condamnent la politique irresponsable du gouvernement en matière de santé publique, qui accélère la suppression des moyens matériels et humains particulièrement dans les services de réanimation mais aussi dans les établissements hospitaliers, médicaux sociaux.

Les URIF dénoncent les suppressions de postes dans la Fonction publique alors que les Services publics ont démontré leur rôle indispensable pendant cette crise sanitaire.

Les URIF condamnent, depuis des mois, les suppressions de moyens notamment dans les hôpitaux de l’AP-HP impactés par de multiples fermetures de lits, de suppressions de postes tous grades confondus : les URIF exigent notamment l’ouverture immédiate des 100 lits disponibles, prêts à l’emploi, à l’hôpital Hôtel-Dieu (Paris), ainsi que des 40 lits disponibles à l’hôpital Jean Verdier (93).

La casse des services publics, de l’industrie, de la sécurité sociale et des politiques sociales, du droit du travail… se sont accélérées. Au même moment, le gouvernement annonce vouloir recruter 10 000 policiers à des fins électoralistes.

Les politiques mises en place pour soi-disant faire face à cette crise sanitaire n’ont fait qu’aggraver les inégalités sociales et augmenter scandaleusement les dividendes.

Partout les politiques d’austérité sont imposées aux salarié.es, aux populations et cela généralise la précarité, le chômage, la pauvreté, la remise en cause des services publics. En même temps, les inégalités grandissent, les profits des multinationales s’envolent, la spéculation financière se généralise au détriment de l’emploi et des salarié.es…

Il faut défendre et promouvoir l’emploi, en particulier des jeunes qui souffrent et peinent à survivre avec des aides dérisoires, alors que le nombre de chômeurs.euses ne cesse d’augmenter, que les restructurations, les licenciements et les fermetures d’entreprises sont le quotidien de nombreux salariés. De plus en plus, émerge le sentiment d’une génération sacrifiée.

Il faut lutter contre la précarité qui touche un nombre croissant de salarié.es, en particulier jeunes et femmes, et provoque des situations de pauvreté intolérables.

Ce 1er mai, nous réaffirmons notre engagement déterminé pour l’emploi, les salaires, les services publics, la protection sociale, les libertés et la paix dans le monde.

Pour :

  • La levée immédiate de l’état d’urgence,
  • L’abrogation de la loi “sécurité globale”, l’abandon du projet de loi “séparatisme”,
  • L’annulation de la réforme de l’assurance chômage,
  • Le retrait pur et simple de la réforme des retraites et la revalorisation des retraites et des pensions,
  • L’abrogation de la loi sur la transformation de la Fonction publique et l’augmentation immédiate de la valeur du point d’indice pour les fonctionnaires,
  • L’augmentation du SMIC et des minima sociaux,
  • L’arrêt immédiat des licenciements,
  • L’arrêt de la distribution de dividendes,
  • Le chômage partiel indemnisé à 100%,
  • Le respect du temps de travail, vers une réduction sans perte de salaire,
  • L’égalité salariale immédiate entre les femmes et les hommes,
  • Des moyens immédiats pour la santé et l’hôpital public et l’ensemble des services publics.

Les URIF CGT, FO, FSU et Solidaires, avec l’UNEF et l’UNL, appellent à participer massivement à la manifestation unitaire le 1er mai 2021 à 14h de la place de la République à la place de la Nation.

Paris, le 22 avril 2021

CSE : à l’heure du bilan, les craintes de FO se confirment

États généraux de la laïcité – réaction FO

La Confédération Force Ouvrière, FO, s’étonne à nouveau de la conception des relations avec les organisations syndicales et du débat public qu’exprime l’interview donnée par la ministre chargée de la Citoyenneté auprès du ministre de l’Intérieur, Marlène Schiappa.

Comment comprendre en effet la décision soudainement annoncée d’états généraux de la laïcité, quand dans le même temps se déroule au parlement un débat sur le projet de loi dit confortant le respect des principes de la République, en procédure accélérée, et pour lequel le gouvernement n’a pas pris la peine de consulter au préalable la Commission nationale consultative des droits de l’homme, où sont représentées notamment les organisations syndicales ?

FO ne peut que dénoncer que la ministre indique qu’elle « laissera aussi carte blanche à des associations et des syndicats » !  Outre que le propos est à la fois sélectif – FO n’a à aucun moment ne serait-ce qu’été informée au préalable – il laisse à penser que le gouvernement pourrait agir autrement qu’en « laissant carte blanche » aux associations et syndicats, dont les libertés de constitution, d’organisation, d’expression et d’action font partie des principes fondamentaux démocratiques et de droits de l’homme !

Aussi, FO n’entend pas se prêter à ce type de démarche.

Pour ce qui concerne la laïcité, FO réaffirme son attachement indéfectible à la loi de 1905.

Conforter les principes de la République passe pour FO prioritairement par la lutte contre les inégalités, notamment économiques et sociales, par la confortation des services publics, en termes de moyens, de personnels, de statuts et d’implantations, par la préservation et la confortation de la protection sociale collective fondée sur la solidarité.

Contact :
Yves VEYRIER
Secrétaire général

1er mai 2021 : Ensemble pour les droits sociaux et les libertés

1er mai 2021 : Ensemble pour les droits sociaux et les libertés

Depuis plus d’une année, la pandémie liée à la Covid bouleverse la vie, le travail, les libertés individuelles et collectives des populations sur tous les continents.

En France, le 1er mai, journée internationale des travailleurs et travailleuses va, une nouvelle fois, se dérouler dans un contexte de crise sanitaire.

La persistance de la circulation des virus est rendue plus alarmante par l’insuffisance des moyens de notre système de santé publique, moyens matériels et humains particulièrement dans les services de réanimation mais aussi dans les établissements hospitaliers, médicaux sociaux ou encore dans les déserts médicaux.

Ce constat indéniable de difficultés d’accès aux soins trouve ses causes dans des choix budgétaires visant à faire toujours plus d’économies. Pour nos organisations, il est temps de mettre en œuvre un plan d’urgence pour rebâtir un système public de santé à hauteur des besoins.

Le “bout du tunnel” tant espéré est également ralenti par une carence d’approvisionnement en vaccins. L’insuffisance de moyens consacrés à la recherche publique et à la production du médicament n’est pas sans lien avec cette situation de pénurie. Les organisations signataires renouvellent leur demande d’une mise à disposition accélérée de vaccins sûrs et efficaces pour toutes les personnes qui le souhaitent.

Cette crise sanitaire se double d’une crise économique et sociale très grave malgré les dispositifs mis en œuvre et malgré la solidité de notre système de protection sociale.

Pourtant, l’emploi et les salaires sont affectés et pourraient l’être durablement.

L’incertitude quant au redémarrage de l’activité de nombreux secteurs, à l’arrêt ou au ralenti depuis des mois, et aux conséquences à plus long terme, gagne.

De trop nombreux plans sociaux, de restructurations injustifiées, de délocalisations d’activités avec leur cortège de suppressions d’emploi sont en cours. Beaucoup d’entreprises ont pourtant bénéficié d’aides publiques importantes sans aucune contrepartie. Nos organisations exigent leur conditionnalité au respect de normes sociales et environnementales et à la préservation des emplois, tant dans l’industrie que dans les services. A l’éducation nationale, dans les services publics, comme dans les différentes administrations, les suppressions de postes se poursuivent. Il est temps de stopper l’hémorragie par des recrutements indispensables à l’exercice de missions de qualité.

La précarité et la pauvreté gagnent du terrain en particulier chez les jeunes et les salariés fragilisés par des contrats à durée déterminée. De plus en plus, émerge le sentiment d’une génération sacrifiée. Nos organisations demandent en urgence un plan de soutien supplémentaire en direction de la jeunesse.

Au lieu de cela, la réforme de l’assurance chômage, rejetée par toutes les organisations syndicales et qui n’a d’autre but que de faire de nouvelles économies, est poursuivie.

Elle pourrait pénaliser plus 1,7 millions de demandeurs d’emploi, parmi eux les plus précaires et particulièrement les plus jeunes.

Nos organisations renouvellent leur exigence d’abandon de la réforme aux conséquences désastreuses, elles entament des recours juridiques pour faire échec à sa mise en œuvre et se mobilisent, aux côtés des salariés précaires, des intermittents, des saisonniers, intérimaires, etc.

Elles militent pour le renforcement de la protection sociale qui passe également par l’abandon définitif de tout projet régressif en matière de retraites. Elles s’opposent aux velléités d’intégrer au projet de loi de finances de la sécurité sociale, la part de budget de l’État consacrée à l’Agirc-Arrco et à l’Unedic.

Le contexte de crise sanitaire conduit aussi à limiter les libertés et le rôle pourtant essentiel du syndicalisme. Nos organisations combattent toutes les entraves à l’activité syndicale et toutes les atteintes aux libertés individuelles et collectives notamment le droit constitutionnel de manifestation.

Elles condamnent la prolongation sans fin de l’état d’urgence et appellent au retrait des dispositions contenues dans le projet de loi sécurité globale et les décrets sécurité intérieure qui remettent en cause ces libertés.

Le 1er mai est une journée qui unit internationalement les travailleurs et travailleuses avec leurs organisations syndicales. Le progrès des droits sociaux et des garanties collectives est conditionné à ce que tous les peuples puissent vivre en paix et disposent des libertés individuelles et collectives indispensables à leur développement.

Nos organisations réaffirment leur soutien aux combats qu’ils mènent avec leurs syndicats pour la justice sociale. Elles dénoncent la répression sanglante qui s’abat sur la population en Birmanie (Myanmar), ainsi qu’à l’encontre du syndicat HKCTU à Hong Kong dont le secrétaire général Lee Cheuk Yan est menacé de prison. Elles agissent pour le respect immédiat des droits démocratiques et syndicaux.

Nos organisations CGT, FO, FSU et Solidaires appellent toutes les travailleuses et travailleurs à se saisir du 1er mai, partout en France, pour en faire une journée de mobilisation et de manifestation, pour s’engager avec détermination pour l’emploi, les salaires, les services publics, la protection sociale, les libertés et la paix dans le monde.

CGT, FO, FSU et Solidaires

Appel aux Syndicats FO de l’UD FO de Paris pour le 1er mai

Appel aux Syndicats FO de l’UD FO de Paris pour le 1er mai

Nous voulons tout d’abord vous dire combien nous sommes satisfaits d’accueillir parmi nous nos camarades UNSA de la RATP traction, nos camarades de RS (Rassemblement syndical) majoritaires à Bus et Sud Ratp.

ls ont été les « artisans » de l’appel du 5 décembre 2019 contre la réforme des retraites Macron et un élément important de la poursuite de la lutte qui était déjà engagée par notre URIF FO et par le rassemblement du 21 septembre 2019 de la CGT-FO. Ce sont sur les positions syndicales et les revendications que tous ces camarades vont dorénavant militer et s’engager avec nous.

Manifestation 21 septembre 2019 Paris
Manifestation 21 septembre 2019 Paris © F.Blanc – Photo modifiée – Licence CC-BY-NC-2.0 – Source Flickr

Les relations et les contacts que nous avons multipliés depuis quelques temps démontrent notre proximité pour conduire l’action syndicale de façon générale et de défense des services publics en particulier.
Nous leur souhaitons la bienvenue parmi nous et sommes heureux de les accueillir.

Les réunions statutaires que nous avons tenues dernièrement démontrent que nos militants sont déterminés à poursuivre les actions engagées. Tous ont bien précisé que l’exécutif ne déterminera pas ce que nous devons faire ou pas. L’action syndicale se poursuit !

C’est ainsi que nous avons décidé, à l’occasion du 150ème anniversaire de la commune de Paris, de manifester, le matin du 1er mai 2021, avec l’URIF FO, au Mur des Fédérés à 10 heures.

Le conservateur du Père Lachaise, sur ordre vient de nous indiquer que nous ne pouvions être plus de 6 au Mur des Fédérés, alors que, comme nous l’avons déjà écrit, certains « geuletonnent » dans des diners privés à 400 € et qu’à Paris des « messes de pâques » se déroulent dans des églises à plusieurs centaines sans gestes barrières et sans masques.

Deux poids deux mesures ! qui nous conduisent à préciser que nous serons bien au Mur des Fédérés et que nous organiserons un rassemblement Place Gambetta où les prises de paroles du Secrétaire Général de la Confédération FO et du Secrétaire Général de l’URIF FO auront lieu.

La demande du rassemblement Place Gambetta est adressée à la Préfecture Police, dés aujourd’hui par l’URIF FO.
Ce 1er mai à une importance particulière dans un contexte où l’exécutif voudrait avec le conseil de défense, couvre-feu et état d’urgence, empêcher le syndicalisme de se rassembler, de s’exprimer et de manifester.

Il n’y parviendra pas car ce 1er mai marque bien, avec le 150ème anniversaire de la Commune, notre volonté de nous exprimer en portant nos revendications. Le syndicalisme est suffisamment responsable pour assurer, dans tous les domaines, la sécurité des travailleurs qui manifesteront, y compris sur le plan sanitaire.

Gabriel Gaudy
Gabriel Gaudy © F.Blanc – Photo modifiée
Licence CC-BY-NC-2.0 – Source Flickr

Si l’URIF FO et donc l’UD FO de Paris décident de l’organisation du matin à partir de 10 heures où une délégation se rendra au Mur des Fédérées et sur la tombe de Léon Jouhaux et seront à 10h30 Place Gambetta pour un grand rassemblement, nous abordons les discussions sur le plan de l’URIF-FO avec les URIF CGT – FSU – SOLIDAIRES et les organisations étudiantes et lycéennes pour l’organisation d’une manifestation unitaire l’après midi qui ne sera possible que si nous réussissons à nous mettre d’accord sur un texte d’appel où les revendications seront claires !

Afin de préparer au mieux ce 1er mai 2021 l’UD FO de Paris, dès aujourd’hui, fait intervenir les membres du bureau auprès de chacun de nos syndicats pour obtenir le nombre de camarades de chaque structure qui participera au 1er mai.

Pour faire le point de la mobilisation le bureau de notre UD FO 75 a décidé de réunir nos secrétaires de syndicats de Paris le 26 avril 2021 à 14 heures dans les différentes salles de réunion de l’UD FO de Paris en présentiel, tout en sachant qu’un dispositif de visio sera également mis en place pour toucher le plus grand nombre possible de participants à la manifestation.

Chacun doit comprendre l’importance de l’enjeu :

  • Une organisation syndicale libre, indépendante doit le démontrer dans les circonstances actuelles.
  • Le 150ème anniversaire de la Commune de Paris doit nous engager pour marquer notre attachement à la lutte menée par les femmes et les hommes de la Commune sur des revendications et des positions dont nous sommes les héritiers.
  • Nous devons marquer de façon très directe, à l’égard de nos camarades de la RATP, ce grand moment du retour à l’unité dans cette grande entreprise publique.
  • Nous devons bien marquer notre volonté de retrouver “LE 1ER MAI INTERNATIONAL DES REVENDICATIONS DES TRAVAILLEURS”.

Paris, le 13 avril 2021


Visualiser / Télécharger le tract de l’UD FO 75, en PDF


Appel à la grève | Les services publics mis à mal

Appel à la grève | Les services publics mis à mal

Rentrée 2020 : Les services publics mis à mal dans les écoles et les établissements scolaires de Seine-Saint-Denis.

En cette rentrée 2020, le contexte sanitaire a aggravé les inégalités sociales en Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de métropole, délaissé de longue date par les pouvoirs publics. Cette mise à mal ne concerne pas uniquement l’éducation mais l’ensemble des services publics du territoire, dont toutes et tous, nous subissons actuellement la dégradation.

Dans les écoles, collèges et lycées, tous les métiers sont en tension :
enseignant.e.s, assistantes sociales, AESH, AED, technicien.ne.s ATTE, infirmier.e.s, PsyEN, médecins, ATSEM, … C’est tout le service public auquel ont droit les élèves et jeunes qui est malmené. Les personnels, eux, ne sont toujours pas protégé.e.s correctement face à la COVID-19 par leurs employeurs et leurs conditions de travail ne cessent de se dégrader (État, Région, Département et Mairies) !

Après des années de coupes budgétaires, nous pouvons affirmer qu’en Seine-Saint-Denis comme ailleurs, rien n’était prêt pour affronter la crise sanitaire que nous connaissons.

Les élèves ont été les premier.e.s victimes du confinement qui a profondément creusé les inégalités scolaires, plus particulièrement dans les zones de l’éducation prioritaire et dans l’enseignement professionnel. Nombreux.ses sont les élèves et leurs familles confronté.e.s à la précarité, à la misère, aux risques psycho-sociaux qui auraient dû bénéficier d’un accueil particulier en cette rentrée exceptionnelle. Les besoins en assistant.e.s sociaux.les pour tous les établissements du second degré du département avaient été reconnus en 1998. Ainsi, une couverture exhaustive a été actée par le plan de rattrapage.

Depuis, les trop faibles créations de postes (inexistantes depuis plusieurs années) au regard de l’augmentation du nombre d’élèves et de l’ouverture de nouveaux établissements ont entraîné le passage en réseau de plusieurs établissements. Ainsi des élèves, des familles et des équipes éducatives se trouvent privés de la présence, des conseils et de l’accompagnement d’une AS malgré l’aggravation de la précarité dans notre département. Et pendant ce temps Jean-Michel Blanquer, profitant de la crise sanitaire pour imposer son agenda, préfère ouvrir toutes grandes les portes des établissements aux officines de l’Edtech sous couvert d’utopie numérique et programmer dans le même temps l’éclatement de l’éducation prioritaire.

Depuis la rentrée, les cas de COVID se multiplient de manière inquiétante. De plus en plus d’élèves et de personnels sont placé.e.s en isolement et pour certain.e.s, atteint.e.s de la COVID-19. Ainsi, on protège les personnels et les élèves lorsque c’est possible ! Dans de nombreuses écoles, dans de nombreux collèges et lycées du département, rien n’est possible : pas de distanciation sociale, un respect difficile des gestes barrière dans des locaux exigus, et sans les personnels des pôles psycho-santé-sociaux ou de vie scolaire en nombre suffisant, pour assurer une campagne de prévention à la hauteur des enjeux, en plus de leur travail habituel, déjà trop lourd ;
De même, l’entretien, le nettoyage ou l’aération réguliers des locaux est souvent

rendu impossible par le manque d’agent.e.s, la vétusté, le coût des produits d’entretien. Pour le gouvernement, il s’agit de fermer le moins de classes possibles avec pour seul but de renvoyer les parents d’élèves, les travailleur.se.s au travail !
Dans le 1er degré, alors que la situation du remplacement est déjà très compliquée en cette rentrée dans les écoles, il est indispensable de recruter les collègues de la liste complémentaire dans le 93, quand bien même la DSDEN a recruté un grand nombre de contractuel.le.s dès juin. Étant donné le nombre de places perdu au premier concours, il est incompréhensible de laisser des personnels en attente alors que les besoins sont très importants dans ce contexte exceptionnel.

Dans le 2nd degré, plusieurs collèges et lycées de Saint-Denis se sont déjà mobilisés pour réclamer des pôles psycho-santé-sociaux là où l’on manque cruellement d’infirmier.e.s, de PsyEN et d’assistant.e.s sociaux.ales, un vivier de remplacement pour les personnels en isolement ou en arrêt de travail, ainsi que des moyens humains supplémentaires pour affronter la surcharge de travail. Dans plusieurs établissements également, nos collègues ont fait valoir leur droit de retrait.

À chaque fois, la réponse de l’administration a été lapidaire, pour ne pas dire méprisante : circulez, il n’y a rien à voir ! Partout, ce sont les mêmes rustines, souvent posées au détriment des personnels les plus précaires : lorsque des équipes de vie scolaire sont mises en éviction, la Direction académique coordonne l’organisation d’un grand marché aux personnels d’assistance éducative que s’échangent en urgence, par coups de fl interposés, les chef.fe.s d’établissement : les autorités académiques évoquent le volontariat de nos collègues AED mais ces personnels sont-ils.elles réellement en mesure de refuser une mission lorsqu’ils.elles espèrent un

futur renouvellement de leur contrat ou lorsqu’ils.elles sont encore en période d’essai ?
À tous les niveaux, il y a un manque criant d’AESH, laissant sans solutions de trop nombreux.ses élèves qui pourtant ont des prescriptions de la MDPH. On « mutualise » donc ces collègues au détriment de leurs conditions de travail. Alors qu’ils.elles revendiquent un vrai statut et un vrai salaire, on leur répond par la multiplication des prises en charge qui rend leur travail impossible !

Pour toutes ces raisons, les organisations syndicales SNUipp-FSU, SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SNUTER-FSU, SNICS-FSU, SNASUB-FSU, SNUDI-FO, SNFOLC, FO-CD, FNEC-FP-FO, CGT Éduc’action, CGT OE, SUD éducation, SE-UNSA et CNT Éducation demandent la satisfaction des revendications et un plan de rattrapage pour les services publics dans le 93 et appellent les personnels éducatifs, territoriaux et des pôles psycho-santé-sociaux à :

=> réunir des assemblées générales dans les établissements associant toutes les catégories de personnels pour lister les revendications ;
=> préparer une journée de GRÈVE et de MANIFESTATION le 17 novembre